La relativité du bonheur

Un pauvre paysan vient se plaindre auprès du curé de son village : « Ma vie est un enfer, mon père. Nous habitons, ma femme, ma belle-mère, nos huit enfants et moi-même, dans une petite pièce. Nous vivons les uns sur les autres. Notre souffrance est insupportable. » « Prends une de tes chèvres, dit le curé, garde-la dans la pièce avec vous er reviens me voir dans une semaine. « Mais comment ferais-je, c’est impossible, il n’y a aucune place ! »

Néanmoins le pauvre paysan s’exécute. Il retourne voir le curé une semaine plus tard.« C’est encore mille fois pire qu’avant, dit-il, et en plus la chèvre fait ses besoins partout. Notre vie est devenue un cauchemar ! » « Prends ta seconde chèvre avec vous et reviens me voir dans une semaine.»

Le paysan pleure et proteste, mais il se résout finalement à obéir à la volonté du curé. « Je suis désespéré, lui dit-il une semaine plus tard. Ma seule issue, c’est le suicide, mais la religion l’interdit. » « Maintenant, répond le curé, mets tes deux chèvres dehors et reviens me voir demain. »

Le pauvre paysan s’en va et retourne le lendemain à la paroisse : « Merci mon père. Vous êtes un grand sage. J’ai suivi vos conseils en mettant mes deux chèvres dehors. L’enfer s’est transformé en paradis. Je suis heureux maintenant. Ma maison est devenue grande, propre et agréable ! ».